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Le Premier mai



“La chance aide parfois, le travail toujours."


La fête internationale tire son origine des combats du mouvement ouvrier pour obtenir la journée de huit heures, à la fin du xixe siècle.

Aux États-Unis, au cours de leur congrès de 1884, les syndicats américains se donnent deux ans pour imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à huit heures. Ils choisissent de lancer leur action le 1er mai, date du moving day parce que beaucoup d’entreprises américaines entament ce jour-là leur année comptable, et que les contrats ont leur terme ce jour-là, l'ouvrier devant déménager (d'où le terme de moving day) pour retrouver du travail. La grève générale du 1er mai 1886, impulsée par les anarchistes, est largement suivie. Ils sont environ 340 000 dans tout le pays.



Le 1er mai 1891, à Fourmies, dans le Nord, en France, la manifestation tourne au drame : la troupe tire sur la foule, dix personnes sont tuées, dont deux enfants de onze et treize ans (voir la Fusillade de Fourmies et affaire de Clichy). Quelques mois plus tard, à Bruxelles, l'Internationale socialiste renouvelle le caractère revendicatif et international du 1er mai.

En 1920, la Russie bolchévique décide que le 1er mai sera désormais chômé et deviendra la fête légale des travailleurs.



En Italie, la fête a été supprimée au cours de la période fasciste — qui a préféré célébrer la « Fête du travail italien » (Festa del lavoro italiano) le 21 avril, soit à la date de la Natale di Roma, jour supposé de la fondation de Rome — mais a été restaurée peu après la fin de la guerre, en 1945. En 1947, la célébration a été marquée à Portella della Ginestra (PA), lorsque la bande de Salvatore Giuliano a tiré sur un cortège d'environ deux mille travailleurs au sein du parti, tuant onze personnes et faisant cinquante blessés. Cet événement est connu sous le nom de « massacre de Portella della Ginestra ».

Le 23 avril 1919, le Sénat français ratifie la journée de huit heures et fait du 1er mai 1919 une journée chômée. Le 24 avril 1941, le maréchal Pétain instaure officiellement par la loi Belin le 1er mai comme « la fête du Travail et de la Concorde sociale », appliquant ainsi la devise Travail, Famille, Patrie : par son refus à la fois du capitalisme et du socialisme, le régime pétainiste recherche une troisième voie fondée sur le corporatisme, débaptisant « la fête des travailleurs » qui faisait trop référence à la lutte des classes. Ce n’est que le 29 avril 1948 qu’est officialisée la dénomination « fête du Travail » pour le 1er mai.

En Amérique du Nord, à la suite de la distinction entre fête du Travail et fête des Travailleurs, le 1er mai n’est pas férié, bien qu'il soit très largement célébré par les syndicats ainsi que les partis, groupes et organisations de gauche ; cette fête est vue comme une journée de la célébration de la classe ouvrière.


Les fleurs du premier mai

Le 1er mai, avant d'être la journée des travailleurs, était célébré en Europe par les coutumes de l'arbre de mai. Il en subsiste quelque chose dans certains des premiers défilés.

La coutume d'offrir du muguet en France, ce jour-là, remonte à la Renaissance. Plusieurs récits autour du roi Charles IX rapportent qu'il en offre, à chaque printemps, à partir des années 1560, aux dames de sa cour en leur disant : « Qu'il en soit fait ainsi chaque année »

Une tradition parisienne voulait que les forts des Halles portent le muguet au président de la République au palais de l'Élysée le matin de chaque premier mai.


Albert Sarraut (1872-1962), président du Conseil,

achetant un brin de muguet le 1er mai


LA JOURNÉE DES TRAVAILLEURS DANS LE MONDE AUJOURD'HUI:


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